Le syndrome de l'imposteur | YET

1 entrepreneur sur 5 admet souffrir du syndrome de l’imposteur. Et toi ?

Tu as l’impression de ne pas mériter tes réussites ? De tromper ton entourage ? Tu te dévalorises en permanence et tu n’as pas confiance en toi ? Si tu as répondu « oui » à ces questions, il est possible que tu souffres du syndrome de l’imposteur. Rassure-toi, tu es loin d’être le seul…

Ces petits juges pas toujours très utiles

On a tous des petits juges sur nos épaules qui nous critiquent et nous réveillent à 3h du matin pour nous rappeler cette fois où on a dit “à vous aussi” à la dame du cinéma qui nous souhaitait un bon film. Ces petits juges sont parfois tellement bruyants qu’ils nous paralysent et nous empêchent d’avancer dans nos objectifs. On se dévalorise et on se met soi-même des bâtons dans les roues.

Nier tout accomplissement personnel

Mais le syndrome de l’imposteur va au-delà de la simple dévalorisation. Les personnes souffrant de ce syndrome se sentent comme des fraudeurs et vivent sous la menace permanente de se faire démasquer. Il peut s’agir d’un poste pour lequel on n’ose pas postuler ou un projet dans lequel on ne se lance pas, ne se sentant pas à la hauteur.

Le syndrome de l’imposteur, c’est penser ne pas mériter ses réussites et tromper les autres sur sa valeur et ses compétences. Par conséquent, les succès semblent dus à des évènements externes à soi, tandis que les échecs sont entièrement dus à son propre manque de compétences. 

Une habitude typique des personnes atteintes du syndrome de l’imposteur est de se considérer continuellement sous-formé. Ils passent donc une bonne partie de leur vie à faire des formations, des études, en espérant combler leur manque de certitude en leurs compétences. Tu te reconnais là-dedans ? Peut-être est-il temps de te poser, d’évaluer tes compétences… Et de foncer !

70% des gens souffrent du syndrome de l’imposteur une fois dans leur vie. 

Souvent, les personnes atteintes du syndrome du l’imposteur pensent devoir être parfaites en toute situation et se fixent des objectifs impossibles à atteindre. Et cela les rend très critiques avec eux-mêmes quand ils n’arrivent pas à les atteindre.

Ils se préoccupent beaucoup de leurs erreurs, ils sont toujours insatisfaits de leurs accomplissements et considèrent leur succès comme sans intérêt. Une erreur peut prendre des proportions monumentales et définir leur entière vision d’eux-mêmes. 

Le perfectionnisme est une de leur caractéristique décisive. Cependant, il y a une différence importante entre un imposteur et un perfectionniste. Les perfectionnistes ne vont pas admettre leurs erreurs : ils veulent continuer à être vus comme parfaits. Par contre, l’imposteur va être très ouvert par rapport à la façon dont il se voit et va communiquer ouvertement de son sentiment d’imperfection. Et tant mieux ! Plus on en parle, mieux on se sent.

Procrastination et excès de zèle, ça te parle ?

T’est-il déjà arrivé d’attendre la dernière seconde afin de te mettre au boulot ? Ou au contraire, de te rendre malade de boulot pour une tâche qui ne méritait pas tant d’efforts ? 

Et oui, c’est ton mental qui essaye de gérer tant bien que mal la pression de ne pas être à la hauteur. Il cherche des stratégies pour éviter que l’imposteur qu’il pense être ne soit découvert. En général, il y a deux façons de réagir : 

  • La procrastination ou le « underdoing » : En reportant à la dernière minute le travail à fournir, ou en ne le fournissant qu’à moitié, on se prépare une excuse parfaite. En effet, si on échoue, ce n’est pas à cause d’un manque de compétence, mais simplement parce qu’on n’a « rien foutu ». Cette technique fonctionne autant pour se rassurer soi-même que pour garder la face par rapport à autrui.
  • Faire de l’excès de zèle ou le « overdoing » : Travailler des heures pour une tâche qui ne mériterait que quelques minutes d’attention permet aussi au syndrome de l’imposteur de s’exprimer. En effet, si l’on réussit ce n’est pas vraiment grâce à nos compétences mais bien car on a travaillé 3X plus que la normal pour y arriver. Le travail n’est pas vu comme une compétence mais juste comme une stratégie pour ne pas se faire démasquer.

Culture et éducation sont sur un bateau

Mais d’où nous vient cette tendance à nous dévaloriser constamment ? Dans notre culture francophone, il existe un grand paradoxe : d’un côté, on a tendance à considérer l’échec comme quelque chose d’humiliant et de négatif, ce qui entraîne une réelle peur de l’échec. Mais d’un autre côté, la réussite est aussi souvent mal vue. On constate donc une difficulté à se valoriser et à rentabiliser ses échecs dans le monde francophone. En plus, en Belgique, on remarque une très grande tendance à l’humilité… Cette tendance est loin de toujours nous rendre service.  

Bref, s’engager dans l’entrepreneuriat dans cet environnement relève parfois du défi personnel. Mais ce n’est pas une fatalité. On peut voir que dans la culture anglo-saxonne il y a une mise en avant de l’échec comme étant une piste d’amélioration et la réussite y est acclamée sans complexe. Pourquoi ne pas essayer de faire changer les mentalités de notre côté de la Manche ? 

Notre éducation et notre environnement familial jouent aussi un grand rôle dans notre confiance en nous et notre façon de nous positionner. Selon le système éducatif mis en place par vos parents et leur taux d’exigence, vous aurez plus ou moins tendance à vous dévaloriser et à douter de vous. Si vous avez eu pour exemple des parents qui se dévalorisent et doutent d’eux-mêmes, il est possible que vous ayez intégré ces schémas et que vous les reproduisiez. 

L’environnement familial et le style d’éducation peuvent affecter les valeurs et la façon de gérer ses accomplissements peut influencer la façon dont un enfant gère ses succès et ses échecs. La bonne nouvelle ? Ce n’est pas un état permanent. 

7 tips pour rebooster ta confiance en toi et te débarrasser du syndrome de l’imposteur

  • Questionne ton environnement et ton histoire familiale : Oui, le bagage familial est parfois lourd. Mais une fois que l’on s’en rend compte, on peut se distancer de celui-ci et travailler sur soi-même pour atténuer son influence. Entoure-toi de personnes qui t’aident à poser des objectifs et te soutiennent dans tes efforts.
  • Ecoute les petits juges… Mais pas trop ! : Les petits juges sont là pour t’aider à te remettre en question. Ils tirent la sonnette d’alarme lorsque tu as besoin de t’améliorer ou de fournir un gros effort mais ils ne sont pas toujours bons conseillers. Essaye de mieux te connaître et de cerner tes vraies compétences pour distinguer les juges utiles de ceux que tu peux bâillonner.  
  • Reconnais tes peurs : Admettre que l’on a peur de l’échec, de ne pas être à sa place et de ne pas avoir les bonnes compétences, c’est aussi démystifier ces peurs. 
  • Fais des concessions avec toi-même : La perfection n’existe pas et ce n’est pas toi qui va l’inventer. Tu as peut-être des rêves de la taille du Mont Everest et tu en as le droit. Mais comment peux-tu t’en vouloir de ne pas gravir directement une montagne si tu n’as même jamais monté un talus ? Ne perds pas tes rêves de vue mais fixe-toi de petits objectifs.
  • Fixe-toi des objectifs SMART : SMART, ça veut dire Spécifique (c’est-à-dire clair, précis et compréhensible), Mesurable (ton objectif doit être quantifiable : que veux-tu accomplir, en combien de temps, avec quelles ressources ?), Acceptable (motivant, challengeant, ne vise pas non plus trop petit !), Réaliste (planifie bien ton objectif, pour qu’il soit réalisable), et enfin Temporellement défini (dates buttoirs, dates intermédiaires… « le plus vite possible » ne compte pas !)
  • Accepte les compliments : Et oui, parfois, tu fais réellement les choses bien ! Non pas parce que Vénus est alignée avec Mars, mais simplement parce que tu en as les compétences. Accepte la vision positive de toi que les autres peuvent t’apporter. 
  • N’aie pas peur de demander de l’aide : Si tu paniques et que tu sens tes bons vieux mécanismes de défense se mettre en place (hello, overdoing and underdoing !), n’hésite pas à demander de l’aide. Peut-être as-tu besoin de quelqu’un pour te fixer des petits objectifs ou pour te rassurer. Créer un groupe de personnes avec qui tu es en confiance et qui eux aussi poursuivent des objectifs peut te mettre dans une optique productive. 

Sources : 

Fabienne Baise (Formatrice et coach de vie)
Sébastien Lucu (Coach et formateur en intelligence émotionnelle)
« The Impostor Phenomenon » par Jaruwan Sakulku et James Alexander